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SEULS... La suite
De Le Maître Sain — 30 août 2024 à 02h47
Interview Fabien Vehlmann
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Une interview récente de Fabien Vehlmann réalisée par « Je Crie C’est La Musique ». Elle n'apprend rien sur le tome 15 (sans doute ?) mais nous renseigne sur son travail et ses choix pour la série.

 

 

"Avant d’analyser Seuls, je remarque que tu exploites souvent un thème bien précis. La disparition. On le retrouve dans La Cuisine des Ogres. Cette thématique est généralement visible dans les films d’horreur. La technique du hors champ est fascinante. Il y a quelque chose d’attirant et excitant, quand on ne perçoit pas la menace. C’est vraiment une belle façon d’amener le public à découvrir l’œuvre. Le thème de la disparition est-il un bon point de départ pour créer une œuvre artistique ?

 

La difficulté et parfois le défaut de la bande dessinée, c’est qu’elle peut tout montrer, et souvent elle le fait. Pour un dessinateur, représenter une bataille spatiale est aussi simple que dessiner un embouteillage, mais bien plus excitant pour un jeune lecteur adolescent. C’est pourquoi, la bande dessinée s’est appropriée des genres comme la science-fiction et l’horreur, difficiles à représenter dans d’autres médias. Cependant, cela peut entraîner une perte de la force de l’hors-champ, qui est si puissante en littérature et au cinéma, obligeant le lecteur ou le spectateur à imaginer ce qui n’est pas montré.

Dans Seuls, cette question de ce qu’on montre ou non est centrale. La disparition des adultes dans un récit jeunesse est un choix évident. Mais la mise en scène soulève aussi la question de ce qui doit être montré. Faut-il montrer la mort d’un enfant ?

Trouver un équilibre entre montrer trop, ou trop peu, est crucial. Un exemple de ce choix narratif se trouve dans Le Clan du Requin, le troisième tome de la série. Nous avions la possibilité de montrer un requin blanc sous tous les angles, mais nous avons choisi une approche cinématographique, inspirée des Dents de la Mer, en montrant très peu le requin. Par exemple, quand Camille descend dans un souterrain et voit le requin à travers une grande baie, nous avons privilégié l’angle émotionnel des enfants qui perçoivent une menace sans la voir entièrement.

Dès lors, qu’est-ce qui est intéressant ? Les lecteurs peuvent se représenter un millier de choses possibles. Le premier cycle, qui s’étend sur 5 albums, se concentre sur l’envie de laisser les lecteurs imaginer les raisons des disparitions. De cette manière, chacun envisage des scénarios inexistants, des éléments absents. C’est peut-être cela qui nous a permis de conserver une certaine forme de succès commercial, malgré le fait que nous ne soyons des flèches.

Avec Bruno Gazzotti (ndr : dessinateur de Seuls), nous ne sommes pas extrêmement rapides. Cela a parfois été un défaut, ralentissant notre rythme de publication annuel. Or, ce mystère et cette attente ont permis aux enfants de rêver ce qu’ils imaginaient comme la suite idéale. Jouer sur cette attente, jouer avec l’imagination des enfants, est devenu un des piliers de la série.

 

 

Ces dernières années, on ne compte plus les œuvres postapocalyptiques. The Walking Dead, The Last of us, Mad Max… quant à Seuls, comment éviter le déjà-lu ? Comment ne pas répéter les mêmes rebondissements, les mêmes récits ?

 

Tout d’abord, il est presque impossible de ne pas tomber dans certains clichés, lorsqu’on aborde un genre. Les clichés sont inhérents au genre lui-même. Ils peuvent être agaçants parce qu’on les voit mille fois, mais aussi rassurants pour la même raison, car ils posent rapidement une scène. Par exemple, on sait immédiatement si on est dans un film de zombies ou un film postapo comme Mad Max, en quelques plans. Cela permet de gagner beaucoup de temps narratif. Cette technique peut ensuite être utilisée pour écrire quelque chose d’original.

Bruno et moi utilisons joyeusement quelques clichés. Mais, notre récit se distingue de la plupart des récits postapocalyptiques par une approche joyeuse, voire humoristique, malgré la gravité de l’histoire. Seuls fait peur, mais permet aussi aux enfants de dire des bêtises et de jouer à Robinson Crusoé dans une ville.

Un contre-exemple serait un récit où une maladie tue les adolescents à la puberté, telle l’histoire de la bande dessinée La Dernière Récré. Cette idée, bien que réaliste, entraînerait des cadavres partout, rendant impossible l’humour et les jeux entre enfants. La vraie bonne idée de Seuls était d’imaginer une disparition « indolore » : on ne sait pas ce qui s’est passé. Cette méthode permet aux enfants d’avoir peur, tout en s’imaginant le pire, à leur mesure.

Pour un enfant lisant cette BD, ce pire n’est peut-être pas si grave. La bande dessinée peut être perçue comme une histoire amusante avec des aliens, rien de très grave. Un enfant plus angoissé y projettera des peurs plus profondes. J’aime beaucoup cette notion présente dans les contes, où certains passages sont reçus différemment selon le degré de maturité du lecteur. Et dans Seuls, il y a de ça aussi.

 

 

C’est vrai. La joie est un aspect important de la bande dessinée. Je suis content que tu en parles. Cette joie se reflète dans les pouvoirs des enfants. Puis, plus l’aventure continue, plus la mission épate. Il s’agit d’une belle mission, apporter la paix. Des lectrices et lecteurs ont souvent soif de violence. Seuls parle de paix. Ce concept sert à atteindre les portes du paradis. J’apprécie. La joie apparaît dans plusieurs pages. Tu te mets donc à la place des enfants, dès que tu écris.

 

Bien sûr. Pour moi, cette notion de joie, même dans des sujets douloureux, comme le deuil et la mort, est essentielle. Dans Seuls, on aborde ces thèmes. Cette joie est très liée à ce que je considère comme inhérent à l’enfance : la capacité de passer d’une émotion à une autre, en quelques secondes. J’aime souvent raconter cette anecdote : lors de l’enterrement de mon père, mes neveux et nièces, encore enfants, pouvaient être en larmes pendant l’homélie, puis jouer joyeusement en sortant de l’église, avant de décider de faire une collecte pour offrir une fleur à leur grand-mère, et revenir aux larmes, quelques minutes plus tard.

Les émotions fortes et changeantes sont très proches de l’enfance. On peut être très triste, puis excité, puis effrayé, en très peu de temps. J’ai voulu refléter cela dans Seuls. Néanmoins, défendre des valeurs comme la paix et le vivre-ensemble est plus compliqué, surtout dans le cadre d’un récit occidental, classique. Les mangas ont un niveau d’acceptation de la violence beaucoup plus grand qu’avant. Cela ne signifie pas pour autant qu’on doit toujours aller vers cette violence.

Au début de la série Seuls, on nous voyait comme très transgressifs. Les gens disaient que ce n’était pas une série pour enfants. Aujourd’hui, avec la popularité des mangas, nous paraissons presque traditionnels.

J’ai une problématique similaire avec La Cuisine des Ogres. Les lecteurs adultes pensent que ce n’est pas pour les enfants, alors que je crois fermement que c’est un récit pour eux. Il y a toujours un moyen de rester transgressif. C’est rassurant.

Dans Seuls, promouvoir la paix et montrer que des enfants tentent d’éviter une guerre, plutôt que de se précipiter dedans pour la gagner, est une idée que je tiens à défendre.

C’est un sacré défi narratif, car ce n’est pas forcément ce qu’attendent les lecteurs. Trouver la bonne manière de raconter cela n’est pas simple. Il y a des tensions, des lignes de fracture, entre les anciens et nouveaux lecteurs, dont les attentes ne sont pas les mêmes.

Prenons un exemple typique : dans l’album 13, à la fin du troisième cycle, on découvre que les enfants de Fortville ont des pouvoirs. Pas des pouvoirs incroyables, mais des pouvoirs tout de même. Cela a suscité un débat sur les forums des amateurs de Seuls. Les premiers lecteurs, maintenant jeunes adultes, disaient que ce n’était pas une bonne idée. Cela leur semblait trop cliché. Ils pensaient que c’était quelque chose qu’on avait déjà vu mille fois.

Mon argument était de dire que, oui, c’est peut-être un peu cliché, mais il faut attendre de voir ce que nous allons en faire. Dans le tome 14, Dodji a beaucoup de mal à maîtriser ses pouvoirs, et pour Terry, c’est un peu du n’importe quoi. D’autre part, il serait dommage de ne pas tenir compte des attentes du nouveau public, notamment les jeunes lecteurs de 10 ans. Ils sont maintenant très influencés par le manga. Leurs attentes sont complètement différentes de celles des lecteurs des années 2000, même s’il y avait déjà des mangas à l’époque.

Il est intéressant de voir que les anciens lecteurs, que j’appelle les gardiens du temple, préfèrent une approche plus sobre, sans pouvoirs. J’ai beaucoup d’affection pour eux. Nos échanges sont toujours pertinents. En revanche, les jeunes lecteurs de 10 ans sont ravis que l’histoire entre enfin dans le vif du sujet avec l’apparition des pouvoirs.

Avec Bruno, nous cherchons un équilibre. Il est normal qu’un jeune lecteur ait envie de voir ses héros vivre des aventures extraordinaires, impliquant des effets spectaculaires. Nous sommes dans un univers appelé Les Limbes, ou La Quatrième Dimension et Demie, où des enfants peuvent théoriquement avoir des pouvoirs. Cela a déjà été le cas dans la série. Il serait dommage de ne pas utiliser cette puissance narrative.

D’un autre côté, je comprends le besoin de sobriété de certains premiers lecteurs, car je le partage. L’overdose actuelle de super-pouvoirs dans les blockbusters américains m’agace. Je la trouve dangereuse politiquement, au sens large. Rien ne semble pertinent en termes de messages véhiculés quant à la vision du monde, de la société. J’ai peur qu’ils promeuvent un modèle axé sur le pouvoir, la domination des uns sur les autres, et l’extractivisme, c’est-à-dire l’exploitation des ressources de la nature, quel qu’en soit le prix.

Entre l’excitation des jeunes lecteurs qui veulent de l’action et le désir de ne pas promouvoir le pouvoir comme une fin ultime pour les héros, il faut constamment chercher un équilibre, comme sur un surf. On est toujours en train de chercher le bon moment, en évitant de tomber, tout en restant dans le bon flow.

 

 

Parfois les fans n’ont pas toujours cette envie d’être surpris par une approche pacifiste. On a rarement l’occasion d’aborder le pacifisme. Heureusement, il existe des exceptions. Je pense au manga Shaman King, où le personnage principal dialogue avec l’ennemi, au lieu de le combattre. Le concept est pertinent à l’heure actuelle. Plusieurs conflits éclatent à quelques kilomètres. On observe la montée des extrêmes, en Europe. Lire une œuvre pacifique adressée aux jeunes est vraiment intéressant. Voici une perspective différente.

 

Oui, et je pense même que c’est nécessaire. Je partage complètement des craintes par rapport à l’analyse actuelle des choses, surtout concernant la montée des extrêmes. Bien sûr, nous n’avons pas tous la même perspective.

Lors de dédicaces, je rencontre des personnes moins inquiètes que moi quant à la montée de l’extrême droite, en France. Est-ce que cela signifie qu’ils sont d’extrême droite ? Pas nécessairement. Mais ces idées les choquent moins que celles de l’extrême gauche. Et je leur réponds souvent qu’il est beaucoup moins probable que l’extrême gauche arrive au pouvoir que l’extrême droite, qui semble de plus en plus proche de le faire.

Laisser l’extrême droite accéder au pouvoir n’est jamais anodin, même si elle se présente de manière plus civilisée, à l’image d’une Giorgia Meloni, en Italie. Je tiens à préciser que je combats les idées d’extrême droite, pas les individus. Certaines personnes défendant ces idées peuvent être très intelligentes et intéressantes, même si nous n’avons pas la même analyse des choses. Parfois, il y a aussi des personnes vraiment dangereuses derrière ces idées.

Pour moi, Seuls, à sa modeste échelle, tente de participer à une réflexion : comment continuer à dialoguer, malgré tout, entre des factions opposées ? Dans Seuls, il y a une mythologie opposant les premières et dernières familles, des familles d’enfants plus anciens, en conflit depuis des siècles. Cela sert à illustrer un manichéisme classique dans les récits de jeunesse, cette opposition entre le Bien et le Mal, dont je me méfie.

Dès que l’on se place dans une dichotomie nous les gentils contre eux les méchants, on reproduit ce que l’on voit dans les polémiques, sur les forums Internet ou les réseaux sociaux. On est constamment dans une logique de camp contre camp, ce qui est exacerbé dans les conflits internationaux, comme le conflit israélo-palestinien ou la guerre en Ukraine.

Je me dis que si je peux promouvoir le dialogue dans une BD dont je maîtrise les codes et règles, tant mieux. Je cherche aussi des exemples d’œuvres qui ont réussi à le faire sans être naïves, car les bons sentiments ne font pas toujours de bonnes histoires. La dramaturgie occidentale est basée sur le conflit, depuis la Grèce antique. Peut-on inventer un autre mode de narration, où le conflit n’est pas central ? La tension narrative est essentielle, car elle retient l’attention du lecteur, spectateur. Or, la BD Seuls est en concurrence, non seulement avec d’autres BD, mais aussi avec les réseaux sociaux, les jeux vidéo, le cinéma, et Netflix. Dans cette économie, il faut captiver l’audience, la faire rire, maintenir une forme d’efficacité narrative. Les bons sentiments ne sont pas toujours les plus efficaces par rapport à une scène de violence. Une altercation sur un réseau social générera des milliers de vues, tandis qu’un message de paix avec une fleur semblera naïf.

Donc, trouver la manière de conserver une tension narrative, sans verser dans l’apologie du conflit, est une belle mission pour les auteurs et autrices.

 

 

Maintenant, parlons dessin. Te souviens-tu des premières pages du tome 10 ? Tu remercies Bruno Gazzotti. Il relève des défis graphiques. Tu as sûrement déjà travaillé avec un/e dessinateur/trice incapable d’exposer les idées en images.

 

Oui, c’est quelque chose d’inhérent à la bande dessinée, surtout quand on travaille en binôme. Cette dynamique entre 2 créateurs, comme c’est souvent le cas dans la BD, crée une forme de tension créative. Cela dit, ce n’est pas le cas de toutes les bandes dessinées, car on voit de plus en plus d’auteurs complets qui gèrent à la fois le scénario et les dessins.

Quand il y a un binôme, cette tension est presque systématique. Scott McCloud en parle très bien dans son livre L’Art invisible. McCloud explique que le scénariste tend à vouloir aller vers quelque chose de littéraire, souvent très dialogué et écrit, tandis que le dessinateur préfère une approche plus picturale, proche de la peinture. Ces 2 polarités peuvent créer une belle alchimie, un peu comme une pile électrique. Mais parfois elles peuvent aussi être excessives.

Ce qui arrive souvent, c’est de proposer un scénario dépassant ce que le dessinateur est prêt à réaliser. Un scénariste peut imaginer un récit presque muet, composé de grandes cases contemplatives, tandis qu’un scénariste en quête de rebondissements pourrait vouloir une histoire dense et pleine d’action. Chacun a sa manière de donner au lecteur, l’un à travers de belles images, l’autre à travers une narration riche.

Cependant, un récit sans dialogue, bien que très beau, peut se lire rapidement. Le lecteur parcourt les pages en quelques minutes, comprenant l’idée de chaque image, sans vraiment s’attarder. C’est le problème avec les bandes dessinées qui se concentrent uniquement sur l’aspect visuel : elles peuvent laisser une impression de superficialité et le lecteur peut se sentir frustré, surtout s’il ne trouve pas un équilibre entre le prix de l’album et le temps qu’il y passe.

Pour cette raison, j’ai tendance à surcharger mes récits de dialogues, de personnages et de rebondissements. Une tâche lourde à gérer pour le dessinateur. Bruno est capable de créer des séquences incroyables avec peu d’éléments graphiques, mais cela représente un défi considérable pour lui.

C’est précisément pour cela que dans le tome 10, j’ai voulu rappeler une évidence : je réalise Seuls, une bonne série pour enfants, parce que Bruno se donne énormément de mal pour illustrer des idées qui ne sont pas toujours simples à visualiser. Et je plaide coupable, car il est vrai que j’ai parfois été trop complexe.

Au fil de la série, j’ai voulu introduire un foisonnement de mystères et d’idées, souvent en laissant de nombreuses portes ouvertes vers d’autres mystères. Par générosité, je voulais offrir beaucoup de contenu, mais parfois, le mieux est l’ennemi du bien. À un certain point, vers les tomes 10 ou 11, nous avons accumulé tellement d’intrigues que certains lecteurs se sont sentis perdus. Bruno a été l’un des premiers à me signaler qu’il fallait simplifier et recentrer le récit. Nous avons commencé à le faire dans le troisième cycle. Nous le faisons maintenant de manière encore plus résolue dans le quatrième. Avec notre nouvel éditeur, Rue de Sèvres, cette notion de simplification et de focalisation vers la conclusion de la série est devenue une partie essentielle de notre réflexion.

 

 

Dépeindre des enfants en pleurs équivaut à dévoiler leur fragilité. Si on pense à Dodji, contempler ses larmes, ça fait bizarre. Mon propos est caricatural, je sais, mais ce protagoniste symbolise la force de se relever, la débrouillardise. Comment doser les scènes dramatiques ?

 

C’est compliqué d’avoir une règle précise, car souvent, c’est un peu au pifomètre. On veut montrer que, malgré leur statut de héros, ces enfants sont confrontés à des situations bien trop grandes pour eux. C’est aussi une question de trouver le bon équilibre entre la vulnérabilité et la force des personnages. Si on montre trop souvent leur fragilité, cela peut devenir pleurnichard ; si on ne le fait pas du tout, ça peut devenir trop héroïque.

Sans compter la difficulté émotionnelle pour le dessinateur, quand il faut représenter ces moments. Par exemple, dans le tome 5, quand on révèle la cause derrière la disparition des gens, c’est-à-dire que les enfants sont morts et vivent dans une réplique du monde réel, appelée les limbes, Bruno a dû dessiner des scènes très chargées émotionnellement. Il m’a confié que c’était compliqué, mais c’est très différent des scènes d’action. Quand je lui demande de dessiner une armée de 15 000 cavaliers envahissant le World Trade Center, cela peut paraître abstrait, mais la réalité est que chaque scène a son propre degré de difficulté, en fonction du contexte et du nombre d’éléments visuels à gérer.

A travers le tome 14, il est question de statues qui s’animent pour traquer les enfants. J’avais pensé montrer plusieurs statues, mais Bruno m’a conseillé de n’en représenter qu’une seule pour ne pas alourdir le récit. En effet, dans un album de 46 pages, il est essentiel de simplifier pour se concentrer sur l’essentiel, tout en évitant de perdre le lecteur dans une complexité inutile. Cette tendance à ajouter des éléments, que ce soit des personnages ou des intrigues secondaires, peut parfois diluer le récit. Vers les tomes 10 ou 11, nous avons eu beaucoup de portes ouvertes, ce qui a pu désorienter les lecteurs. Bruno a été l’un des premiers à me dire de simplifier, recentrer le récit, ce que nous avons commencé à faire dans le cycle 3. Nous continuons de manière plus résolue dans le cycle 4. Le changement d’éditeur (ndr : passer des Editions Dupuis à Rue de Sèvres) a aussi renforcé cette nécessité de simplification pour tendre vers la fin du récit.

En fin de compte, chaque décision de simplification, de fermetures de portes, réduit les possibilités narratives et peut décevoir certains lecteurs qui avaient d’autres attentes. Néanmoins, il est aussi important de respecter la vision artistique, tout en cherchant des solutions qui maintiennent l’intérêt des lecteurs."

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